• Biographie

Né en 1928 à Sighet, petite ville de Transylvanie, il n’a que 15 ans lorsqu’il est déporté avec sa famille. Il a publié son livre, La nuit, avec l’aide de François Mauriac, qui était un fidèle partisan du Général de Gaulle. Apres la guerre il fait des études de philosophie à la Sorbonne. En 1963, il obtient la nationalité américaine.

  • Résumé de l’histoire

Eliezer Wiesel passa son enfance à Sighet, petite ville de Transylvanie. Profondément croyant, le jour, il étudiait le Talmud et, la nuit, il courait « à la synagogue pour pleurer sur la destruction du temple ».(p32) En 1941, Elie Wiesel fit connaissance avec Moshé-le-Bedeau qui lui parlait pendant de longues heures « des clartés et des mystères de la Kabbale ». Moshé-le-Bedeau ne gênait jamais personne et avait l’art « de se rendre invisible ».
Un jour, les gendarmes hongrois reçurent l’ordre d’expulser les juifs étrangers. Ils les entassèrent alors dans des wagons à bestiaux. Moshé-le-Bedeau était un juif étranger et faisait partie des déportés.
Des jours, des semaines, des mois passèrent. Les commerçants faisaient de bonnes affaires, les étudiants vivaient « dans leurs livres » (p36) et les enfants jouaient dans la rue. Puis un jour Elie Wiesel trouva Moshé-le-Bedeau dans la synagogue. Il lui raconta qu’une fois montés dans les wagons, les déportés ont traversés la Hongrie avant de se retrouver en Pologne. Encadrés par la Gestapo, les juifs descendaient dans la forêt de Galicie, près de Kolomaye. Ils avaient pour mission de creuser de vastes fosses, puis devaient s’en approcher en présentant leur nuque. Et « sans passion, sans hâte » les hommes de la Gestapo « abattirent les prisonniers » (p36.) Moshé-le-Bedeau avait survécu par miracle, blessé à la jambe, on l’avait cru mort.
Elie Wiesel trouva qu’il n’était plus le même, ses yeux ne reflétaient plus la joie, il ne chantait plus et ne parlait plus de Dieu. Les gens ne le croyaient pas et ne voulaient pas l’écouter. Les années s’écoulaient. Printemps 1944, il n’y avait plus de doute sur la défaite de l’Allemagne nazie, mais en moins de 3 jours les Allemands firent irruption dans les rues de Sighet. Au début, ils ne firent que s’installer, ils étaient distant mais polis. C’était Pâques, il faisait un temps merveilleux. Le 7ème jour de Pâques, le rideau se leva, tout se déroula très vite. « La course vers la mort avait commencé ». (p42) Les juifs avaient interdiction de quitter leurs maisons et devaient remettre tout objet de valeur aux autorités, sous peine de mort. Au bout de 3 jours, le port de l’étoile jaune devint obligatoire. Il y avait également interdiction d’entrer dans les lieux publics ou de quitter leur domicile après 18 heures.
« Puis ce fut le ghetto ». Malgré tout, l’atmosphère était paisible et rassurante. Mais après une séance du Conseil juif, le père d’Elie Wiesel, qui avait assisté à cette séance, annonça une nouvelle terrible : le ghetto devait être liquidé. Dès le lendemain, rue après rue, les gens partirent sous l’autorité des gendarmes hongrois. Où ? Ce fut un secret. Ils marchèrent vers la gare et montèrent dans les wagons à bestiaux. Au bout de quelques jours, ils arrivèrent au camp de Birkenau, les portes des wagons s’ouvrirent et une odeur abominable se fit sentir, une odeur de chair brûlée. Les hommes devaient aller à gauche, les femmes à droite. Elie Wiesel n’avait alors que 15 ans mais un déporté lui dit qu’il devait déclarer avoir 18 ans, et son père devait déclarer avoir 10 ans de moins. Après la « sélection », les détenus devaient se déshabiller pour ensuite aller chez le coiffeur. A 5 heures du matin les « kapos » frappaient les détenus et les faisaient courir pour aller à la douche chaude. Enfin après la douche, on leur donna des habits. Après de longues heures d’attente et de marche, ils arrivèrent dans un autre camp, Auschwitz., qui avait pour inscription au dessus d’une porte en fer : « le travail, c’est la liberté ! ». Arrivés vers minuit au block 17, Elie Wiesel entendit « les premières paroles humaines » (p90) d’un jeune polonais. Le lendemain, les détenus eurent un numéro tatoué sur le bras gauche, désormais ce n’était plus Elie Wiesel mais A-7713. Au bout d’environ un mois, ils changèrent de camp et arrivèrent, au bout de 4 heures de marche, au camp de Buna.
Yom Kippour. « Le jour du Grand Pardon ». Elie Wiesel refusa de jeûner et « voyait dans ce geste un acte de révolte et de protestation contre Lui ». Le camp devait être évacué, malgré la grave blessure à la jambe d’Elie Wiesel, lui et son père décidèrent de suivre les autres au lieu de rester à l’infirmerie. Block par block les gens se mirent en route. Au bout de 70 Km de marche, ils firent une pause. Arrivé à Gleiwitz, une nouvelle sélection. A gauche: les faibles, a droite : ceux qui pouvaient encore marcher. Puis ils montèrent de nouveau dans les wagons. Les détenus étaient affamés, exténués, prêt à se battre pour une miette de pain. Arrivés à Buchenwald, le père d’Elie Wiesel tomba très malade. Malgré toute l’aide que lui apporta son fils, dans la nuit du 28 janvier 1945 il mourut. Son dernier mot fut « Eliezer ».
Le camp, une fois de plus, devait être liquidé. « Quelques milliers de détenus traversaient la porte du camp et ne revenaient plus » (p198). Le 10 avril 1945 le 1er char Américain « se présenta aux portes de Buchenwald » (p199). « Notre premier geste d’hommes libres fut de nous jeter sur le ravitaillement » (p199). Trois jours après la libération de Buchenwald, Elie Wiesel tomba très malade : empoisonnement. Pendant 15 jours il fut entre la vie et la mort. Un jour, il voulut se regarder dans le miroir de l’hôpital, il ne s’était pas vu depuis le ghetto.
« Du fond du miroir, un cadavre me contemplait.
Son regard dans mes yeux ne me quitte plus ».