Nous sommes en 1912, Richard à quatre ans, et le petit Afro-Américain vît avec ses parents, son frère et sa grand-mère dans la ville de Memphis, Tennessee.
L’éducation qu’il reçoit est loin d’être digne: en effet, souvent battu, le jeune garçon se sent perdu. Un jour, n’étant pas conscient de ses actes, il met le feu à sa maison qui finit en cendres. Pour cet acte de barbarie, il est sévèrement puni à coups de fouet. Peu après, le père abandonne sa famille. A seulement cinq ans, Richard tombe sous l’emprise de l’alcool, et rentre fréquemment ivre, recevant corrections sur corrections. Sa mère le sentant faible,celle-ci lui apprend un beau jour à se défendre, aux dépends d’une bande de gamins blancs. La mère ne pouvant plus subvenir aux besoins familiaux, ils déménagent à Jackson, plus au sud.
Le jeune garçon y découvre la soif d’aventure et la littérature grâce à Ella, qui est en quelque sorte son institutrice vivant également dans la maison. Mais ne s’y sent pas bien, et dépasse les limites. L’histoire se finit mal, la famille déménage chez la tante Maggie et Richard semble avoir trouvé en ce lieu un peu de réconfort. Mais une fois encore, le sort s’acharne sur la pauvre famille Wright car l’oncle Hoskins, mari de tante Maggie, est un soir abattu par les Blancs pour la simple et unique raison que celui-ci ne voulait leur vendre son petit commerce. Richard est alors contraint de retourner chez sa grand-mère où il est envoyé à l’école pour la première fois. Il est si terrifié qu’en classe, le pauvre enfant n’arrive à s’exprimer, ni même à prononcer son nom tellement sa frayeur est intense. Mais les choses s’arrangent finalement pour lui et il se fait même quelques amis. Comme dans beaucoup de cas, les bagarres éclatent à l’école, de plus, la mère de Richard perd la santé. Richard travail pour amasser quelques cents mais ce n’est pas suffisant et ils déménagent trois fois en quelques semaines, se retrouvant alors dans une maison guère plus grande qu’une caravane. La mère de Richard finit paralysée et les deux frères sont séparés.
Le petit est pris en charge par tante Maggie, qui réside aujourd’hui à Détroit. Richard quant à lui, choisit d’aller s’installer chez son oncle Clark, à Greenwood, à quelques kilomètres seulement de la maison de la grand-mère, là où est placée sa mère souffrante. Dès son arrivée, Richard est épié. Il retrouve une nouvelle école où il est vite accepté surtout pour sa force dans les bagarres, mais la peur s’empare de lui lorsqu’il apprend qu’un jeune garçon aujourd’hui décédé vivait dans la même chambre. Dès lors, il ne peut plus dormir et ne veut que retourner vivre auprès de sa mère. Celle-ci va mieux mais elle rechute, devenant un corps presque inanimé.
Richard a douze ans et sa grand-mère veut l’initier à la religion, ce qui ne lui plaît guère, d’une part parce que l’institutrice même est sa tante Addie, femme qu’il ne veut pas respecter, et d’autre part, parce que cela ne l’intéresse que très peu. Un soir, cela dégénère car Richard refuse d’être battu par sa tante Addie pour une erreur qu’il n’avait pas commise, se défendant avec un couteau. A l’école, les jeux violents font leur apparition. Richard découvre peu à peu l’adolescence et se refuse toujours à la religion. Un vieil homme nommé « l’ancien », vient pour le convertir mais en vain.
Le jeune garçon écrit ses premiers vers qui sont pour la plupart des hymnes, et il commence à prier, afin de plaire à sa famille et trouve ici un bon moyen d’occupation le soir. Richard remarque que son niveau à l’école est plutôt bon mais cependant, il se bat et ne travaillant pas, il ne peut manger à sa faim. Il découvre grâce à un ami les journaux et trouve en eux de quoi le rendre heureux puisqu’il va par la suite les vendre, lui permettant d’obtenir quelques sous et d’ainsi améliorer sa condition de vie. Mais peu après, il est remis sur le droit chemin par un homme du quartier, qui lui montre le vrai sens de ce qu’il vend. Alors Richard démissionne aussitôt et se met à travailler au service des Blancs pour cinq dollars la semaine.
Mais de nouveau, la pauvre famille est privée de bonheur puisque le grand-père tombe malade et décède quelques jours après. Richard continue de travailler pour des Blancs et va à l’église dans le seul but de voir ses amis qui eux veulent l’accepter à condition qu’il devienne croyant. Alors il est baptisé mais ce n’est pour lui qu’une simple formalité. Des ennuis se présentent à nouveau à lui et cette fois-ci, c’est oncle Tom qui veut battre Richard, mais n’ayant rien à se reprocher, il se défend avec deux lames de rasoir.
Richard trouve des petits boulots et garde en lui cette envie d’écrire qui s’amplifie chaque jour. Il met alors son projet à exécution et sa première nouvelle est diffusée en plusieurs parties dans un journal local. Mais Richard ne trouve pas le plaisir espéré, car sa famille n’est pas intéressée par les histoires qu’il publie et de plus, ils ne le voient pas devenir écrivain.
Richard a seize ans et voit se rapprocher peu à peu les examens finaux de sa modeste éducation. Il est aujourd’hui en « neuvième », équivalent de la troisième de nos jours. Reçu avec brio, Richard est chargé d’écrire le discours de ce qui est en quelque sorte sa promotion. Après cela, Richard comprend qu’il lui faut un travail assez important pour pouvoir nourrir sa famille. Richard met peu de temps à trouver un travail qui le conduit dans l’optique, où il est chargé de l’entretien de l’atelier ainsi que d’aider les employés lors de leurs surcharges de travail. Il souhaite bien évidemment en savoir plus sur ce métier qui pourrait le conduire très loin dans le monde du travail, mais hélas pour lui, les deux principaux employés sont des Blancs racistes et lui barrent la route, voulant même le battre, alors il quitte son travail recommençant à zéro.
Dans son esprit, Richard commence à comprendre que ce monde est plein de danger pour la population Afro-Américaine, de plus, on découvre le difficile passage de l’enfance aux dures réalités de la vie qui l’attendent. Etant un garçon pour le moins organisé et qui, malgré sa pauvre éducation, sait réfléchir à son avenir, il se met en tête le projet de partir plus au nord pour s’installer, lui et sa famille, dans un lieu plus paisible vis-à-vis des Blancs.
Richard enchaîne les boulots de toutes sortes toujours avec cette peur de récolter des ennuis, ce pourquoi il ne reste jamais bien longtemps dans le même endroit. Son désir de s’en aller s’intensifie, et il connaît un moyen de se faire plus d’argent en peu de temps : la fraude. Elle est très pratiquée par les Noirs afin de soutirer de l’argent aux Blancs, mais la peur d’être débusqué le fait hésiter de longues heures. Sa soif de l’argent a finalement raison de lui et il parvient sans encombre à s’attribuer quelques dollars avec l’aide d’autres employés.
Puis le jeune homme part plus légèrement plus au nord, afin d’éviter les soucis, pour une courte durée, bien loin de son but. Le jeune homme est de retour dans la ville de Memphis, et trouve une chambre chez une dame charmante vivant seule avec sa fille. Il y est très bien accueilli et va même flirter avec Bess, la fille. Celle-ci tombe amoureuse de Richard et souhaite passer sa vie avec lui, mais le jeune homme refuse logiquement. Les liens entre eux se brisent et Richard trouve de l’occupation comme plongeur dans un cabaret. Cela lui permet d’économiser un maximum pour entreprendre son ultime projet, réunir sa famille et partir au nord. Mais afin de récolter plus d’argent, Richard pense à obtenir un meilleur travail et il pense également à se servir de son expérience dans l’optique. Par chance, il trouve une très bonne place, et après deux premiers mois prometteurs, les ennuis reviennent à lui. Cette fois ci, c’est son patron en personne, un Blanc du nom de Mr. Olin, qui lui joue un mauvais tour. Jaloux de son talent, il va monter un employé de la boîte concurrente contre Richard et inversement. Les deux hommes, conscients de cette embuscade, refusent au départ. Mais conscients également de la somme que cela pourrait leur rapporter, ils acceptent.
Richard est ensuite pris de passion pour la lecture, et grâce à son nouveau patron, Mr. Folk, Richard se procure les œuvres d’un certain Mencken, auteur qu’il a découvert dans le journal. Puis Richard découvre les grands auteurs européens tels que Balzac, Stendhal, Flaubert…Son grand projet prend forme car sa mère, maintenant rétablie, ainsi que son frère, le rejoignent à Memphis, accompagné de tante Maggie. Richard reprend alors ses écrits mais ne trouve pas grande inspiration. Puis le grand voyage commence après que Richard est salué tous ces collègues et son patron.
Mais au-delà de l’importance physique de ce voyage, Richard comprend ici que c’est une porte vers une liberté future, pour lui, mais également pour son peuple. Les dernières pages sont une leçon morale et un avenir meilleur que Richard Wright avait pressenti.